politique

Socialstyrelsen (Zweden) — Nationale richtlijnen genderdysforie bij minderjarigen

Le Socialstyrelsen (Suède, 2022) a conclu que les risques liés au traitement hormonal chez les mineurs l'emportaient sur les bénéfices.

Le Conseil national suédois de la santé et du bien-être (Socialstyrelsen) a publié en décembre 2022 des recommandations nationales révisées concernant la prise en charge des enfants et des adolescents atteints de dysphorie de genre. Ces directives ont fait l'objet d'un résumé en anglais publié en janvier 2023 et, à l'instar de la précédente recommandation COHERE émanant de la Finlande, elles marquent une rupture avec les lignes directrices internationales de la WPATH et avec le protocole néerlandais.

Contexte

Cette publication fait suite à une forte augmentation du nombre de demandes d’admission dans les cliniques suédoises spécialisées dans les questions de genre, notamment chez les adolescentes présentant une dysphorie d’apparition tardive et une comorbidité psychiatrique concomitante. Parallèlement, des études de suivi suédoises, dont une recherche menée par le Karolinska Institutet, ont remis en question les hypothèses antérieures concernant les résultats favorables des inhibiteurs de la puberté. L’hôpital universitaire Karolinska avait déjà décidé, dès 2021, de ne plus administrer de traitements hormonaux aux mineurs que dans le cadre de la recherche.

Méthode

Ces recommandations ont été élaborées sur la base d’une synthèse systématique des données probantes réalisée par l’Agence suédoise d’évaluation des technologies de santé (SBU). Les rapports de la SBU ont conclu que les fondements scientifiques des inhibiteurs de la puberté et des hormones transgenres chez les mineurs sont peu fiables et que le rapport risques-bénéfices n’est pas favorable en dehors d’un cadre de recherche.

Conclusion principale et recommandations

La conclusion principale est explicite : chez les mineurs, les risques liés au traitement hormonal l’emportent sur les bénéfices. Il s’agit là d’une formulation remarquablement directe de la part d’une autorité sanitaire nationale. Concrètement, cela signifie que les inhibiteurs de la puberté et les hormones du sexe opposé ne peuvent désormais être prescrits que dans des cas exceptionnels et, de préférence, dans le cadre de la recherche.

Les recommandations préconisent en outre : un accompagnement psychosocial et psychothérapeutique en première intention, un diagnostic multidisciplinaire approfondi permettant d’identifier et de traiter les troubles comorbides, ainsi qu’une grande prudence en matière de transition sociale chez les enfants prépubères, car celle-ci peut influencer le déroulement naturel de la puberté. Les interventions chirurgicales irréversibles chez les moins de dix-huit ans sont déconseillées.

Implications pour la politique de santé

Ce revirement de la Suède est significatif, car ce pays a toujours été considéré comme progressiste en matière de droits des personnes transgenres et de soins de santé. Le fait que ce soit précisément cette autorité nationale qui, sur la base de ses propres analyses des données probantes, parvienne à une conclusion aussi prudente, sape l’argument selon lequel les critiques internationales à l’égard de la médicalisation du genre seraient principalement motivées par des considérations politiques ou religieuses.

Pour le secteur néerlandais, il est important de noter que les directives suédoises, associées à la recommandation finlandaise, à la Cass Review britannique, ainsi qu’aux réorientations danoises et norvégiennes, constituent un cadre politique nord-européen cohérent. L’affirmation selon laquelle les Pays-Bas peuvent maintenir leur protocole au motif que les autres pays s’écarteraient des données scientifiques est en réalité l’inverse : le protocole néerlandais, dans sa forme actuelle, est devenu l’exception au niveau international.