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Nederlandse experts — bewijs voor genderbehandeling onvoldoende

Cinq experts néerlandais concluent, dans l'émission Zembla (2023), que le fondement scientifique du « Dutch Protocol » est insuffisant.

En 2023, l'émission d'investigation Zembla a diffusé un reportage accompagné d'un article dans lequel cinq scientifiques néerlandais évaluent le fondement scientifique du « Dutch Protocol ». Leur conclusion : les preuves étayant le traitement par bloqueurs de puberté chez les mineurs atteints de dysphorie de genre sont insuffisantes pour justifier des interventions médicales aussi radicales et en partie irréversibles. Cette publication marque un tournant dans le débat néerlandais, car elle montre que les critiques ne proviennent plus uniquement de l’étranger.

Contexte

Zembla a examiné les fondements du « Dutch Protocol » après que la Suède, la Finlande et le Royaume-Uni eurent revu leurs politiques à la lumière de revues systématiques classant les preuves comme très faibles. La question était la suivante : dans quelle mesure les données scientifiques sur lesquelles repose à l’origine cette norme internationale — élaborée à Amsterdam — sont-elles solides ?

Les cinq experts

Quatre méthodologistes, dont deux professeurs et un professeur émérite, ainsi qu’un professeur d’orthopédagogie, ont évalué les publications phares d’Annelou de Vries et de ses collègues datant de 2011 et 2014. Parmi eux figurait Gérard van Breukelen (Université de Maastricht). Sa conclusion : « Il n’y a pas de groupe témoin… nous sommes complètement dans le flou ». Un autre professeur conclut que cette étude n’offre pas de base solide pour justifier des interventions médicales radicales et irréversibles.

Problèmes méthodologiques

Les experts soulignent l’absence de groupe témoin, l’absence de suivi à long terme et l’absence d’un protocole diagnostique standardisé. Des évaluateurs internationaux, dont le NICE britannique, avaient déjà conclu auparavant que le niveau de certitude des données était très faible. Les experts néerlandais souscrivent à cette classification et soulignent que les études initiales sont méthodologiquement inadaptées pour servir de base à des recommandations thérapeutiques mondiales.

Instances

Le protocole néerlandais a été élaboré à l’Amsterdam UMC (anciennement VUmc), lieu où les premiers traitements ont été administrés et où travaillent les chercheurs principaux. Zembla rapporte qu’un méthodologiste de l’UMC d’Utrecht s’est vu déconseiller de participer à l’émission en raison des répercussions possibles sur sa carrière. Cela illustre bien la pression académique qui pèse sur ce sujet.

Réaction et conséquences

L’article ne fait pas état d’une réaction officielle du ministère. L’Amsterdam UMC défend cette approche. Zembla souligne que la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège n’autorisent désormais les bloqueurs de puberté que dans un cadre de recherche, tandis que les Pays-Bas — pays d’origine du protocole — n’ont pas modifié leur politique de manière significative. Pour le secteur néerlandais des soins de santé, cette émission revêt une importance particulière car elle renverse la charge de la preuve : ce ne sont pas les détracteurs, mais les praticiens qui devront démontrer que la pratique actuelle est justifiée.