14 juillet 2026

Une étude multicentrique canadienne affirme que 97 % des jeunes transgenres maintiennent leur choix — les détracteurs soulignent la brièveté du suivi et le biais clinique

Une étude multicentrique canadienne publiée dans le *Journal of Adolescent Health* affirme que seuls 3 % des jeunes pris en charge dans des cliniques spécialisées dans les questions de genre renoncent à leur transition. Les chercheurs et les cliniciens soulignent que la courte durée du suivi (2,4 ans), les biais de sélection propres à chaque clinique et l'ancienneté de la cohorte relativisent fortement ces résultats.

Une étude multicentrique canadienne affirme que 97 % des jeunes transgenres maintiennent leur choix — les détracteurs soulignent la brièveté du suivi et le biais clinique

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?

Contactez-nous en toute confidentialité

Une nouvelle étude multicentrique canadienne affirme que la quasi-totalité des adolescents orientés vers des cliniques spécialisées dans les questions de genre continuent de s'identifier comme transgenres tout au long de leur parcours thérapeutique. Les partisans des soins affirmatifs en matière de genre citent largement ces résultats comme preuve que le traitement médical est justifié. Les méthodologistes et les cliniciens critiques à l’égard de la théorie du genre affirment toutefois que cette étude présente des lacunes cruciales qui relativisent fortement ses conclusions.

Méthodologie et résultats

Publiée en 2026 dans le *Journal of Adolescent Health*, cette étude est une analyse rétrospective des dossiers médicaux menée par le Children's Hospital of Eastern Ontario (CHEO) sous la direction de Margaret L. Lawson. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de 445 adolescents qui avaient été orientés, entre 2012 et 2017, vers quatre services canadiens de prise en charge de l’identité de genre chez l’enfant, auprès d’endocrinologues pédiatriques. Parmi eux, 74,4 % avaient été enregistrés à la naissance comme de sexe féminin (AFAB) ; 25,6 % comme de sexe masculin (AMAB). La durée médiane du suivi était de 2,4 ans (intervalle interquartile : 1,1–7,2 ans).

Sur les 445 participants, 97,1 % ont continué à s’identifier comme transgenres ou non binaires pendant la période où ils étaient pris en charge par la clinique. Seuls 13 jeunes (2,9 %) ont indiqué, au cours du parcours de soins, ne plus se considérer comme transgenres. Parmi les quelque 80 % ayant entamé un traitement hormonal, seuls quatre adolescents — soit environ 1 % — ont interrompu leur traitement. Les auteurs concluent que l’identité des jeunes pris en charge dans des centres spécialisés est stable à court et moyen terme.

Pourquoi les détracteurs sont-ils sceptiques ?

Cette étude a fait l’objet de critiques importantes, notamment dans le National Post canadien du 23 juin 2026. Des chercheurs et des cliniciens ont souligné quatre limites méthodologiques qui relativisent fortement ces résultats.

La durée du suivi est trop courte. Un suivi médian de 2,4 ans est insuffisant pour évaluer si une personne effectuera ultérieurement une détransition. Les personnes ayant renoncé à leur transition indiquent régulièrement que leurs doutes ne se sont manifestés que plusieurs années après le début du traitement. L’un des détracteurs cités l’a formulé ainsi : « Nous pourrions les contacter et ils nous diraient : “J’ai renoncé à ma transition à l’âge de 22 ans.” Nous n’en savons rien. Et ces données ne nous permettent pas de le déterminer. »

Biais de sélection spécifique à la clinique. L’étude a analysé exclusivement des jeunes qui suivaient activement un traitement dans l’une des quatre cliniques. Ceux qui arrêtent avant ou pendant le parcours — et qui n’apparaissent donc plus comme patients actifs dans les dossiers — ne sont pas comptabilisés comme ayant renoncé à la transition. L’étude surestime ainsi systématiquement la persistance.

Cohorte obsolète. La période d’étude s’étend de 2012 à 2017, soit plusieurs années avant que la forte augmentation des diagnostics de dysphorie de genre, notamment chez les adolescentes, ne devienne visible. La population actuelle de jeunes fréquentant les cliniques spécialisées dans les questions de genre est fondamentalement différente, tant sur le plan démographique que clinique, de la cohorte de cette étude : elle est plus souvent AFAB, plus jeune au moment de la prise en charge et présente plus souvent des diagnostics psychiatriques concomitants.

Pas de suivi après la fin du traitement. Dès qu’un patient quitte la clinique, son enregistrement prend fin. Les personnes ayant fait marche arrière et changé d’identité de genre après la fin de leur parcours thérapeutique actif restent donc totalement invisibles dans le cadre de cette étude.

Contraste avec une étude allemande basée sur un registre

Le contraste avec une étude allemande basée sur des registres, publiée dans le Deutsches Ärzteblatt International en mai 2024 et analysée par la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM), est révélateur. Cette étude a analysé les données d’assurance d’environ 14 millions de personnes âgées de cinq à vingt-quatre ans. Parmi les jeunes ayant reçu un diagnostic de dysphorie de genre (code CIM F64), seuls 36,4 % conservaient ce diagnostic au bout de cinq ans. Chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, ce pourcentage était encore plus faible : seules 27,3 % conservaient ce diagnostic au bout de cinq ans.

Le contraste est frappant : l’étude clinique canadienne mesure la persistance sur une période moyenne de 2,4 ans chez les patients en traitement actif et constate un taux de 97 % ; l’étude allemande basée sur un registre suit l’état réel du diagnostic sur cinq ans au sein de la population plus large des assurés et constate un taux de 36 %. Cette différence illustre le problème central : si l’on se limite à la période pendant laquelle une personne est activement prise en charge dans une clinique spécialisée dans les questions de genre, on passe par définition à côté de la grande majorité des personnes qui abandonnent le diagnostic à plus long terme.

Implications politiques

Cette étude paraît à un moment où le débat international sur les soins liés au genre destinés aux mineurs s’intensifie considérablement. Dans des pays tels que le Royaume-Uni, la Suède et la Finlande, des analyses à grande échelle ont démontré que les preuves de l’efficacité de la transition médicale chez les jeunes sont nettement moins solides qu’on ne l’a affirmé pendant des décennies. Un nombre croissant d’anciens patients indiquent que le traitement n’a pas résolu leurs problèmes — et, dans certains cas, les a aggravés. Voir le dossier « Détransition » et le dossier « Inhibiteurs de la puberté » pour plus d’informations.

Le fait que l’étude canadienne soit néanmoins largement citée comme preuve de la sécurité des soins de santé affirmatifs en matière de genre illustre à quel point des recherches présentant des faiblesses méthodologiques peuvent jouer un rôle majeur dans l’élaboration des politiques lorsqu’elles aboutissent aux conclusions souhaitées.


Sources :

  • Lawson, M.L. et al. « Stability of Transgender Identity in Adolescents Seen in Multidisciplinary Specialized Gender Centers: A Multicenter Study in Canada ». Journal of Adolescent Health, 2026. jahonline.org
  • « Les détracteurs remettent en cause une étude canadienne selon laquelle seuls 3 % des jeunes s’identifiant comme transgenres renoncent à leur transition. » National Post, 23 juin 2026. news.yahoo.com
  • SEGM. « Le diagnostic de dysphorie de genre chez les jeunes présente une “faible stabilité diagnostique”, selon une nouvelle étude allemande. » 2024. segm.org