critique

Observatoire de la Petite Sirène

Centre français de recherche et de documentation, fondé en 2020 par la psychiatre pour enfants Caroline Eliacheff et la professeure Céline Masson. Il suit la médicalisation de l'identification transgenre chez les mineurs, a conseillé la mission sénatoriale 2024 et a notamment publié « La Fabrique de l'enfant transgenre » (2022).

L'Observatoire de la Petite Sirène est un centre français de recherche et de documentation qui se consacre à la médicalisation de l'identification transgenre chez les mineurs et aux discours idéologiques qui influencent les enfants et les adolescents. L’Observatoire a été fondé en 2020 par la psychiatre pour enfants Caroline Eliacheff et la professeure de psychologie Céline Masson. Toutes deux sont des psychanalystes dotées d’une longue expérience clinique. Son nom fait référence à la Petite Sirène d’Andersen : une jeune fille qui renonce à son propre corps par désir d’une autre vie, et subit ainsi une perte irréversible.

Mission : porter un regard critique sur la transition de genre des mineurs

L’Observatoire affirme que la médicalisation rapide dont font actuellement l’objet les enfants s’identifiant comme trans ne peut être comprise sans tenir compte du contexte idéologique et sociologique. L’augmentation du nombre d’orientations vers des soins — notamment chez les filles en pleine puberté — n’est pas une découverte clinique, mais un phénomène de société, alimenté par les réseaux sociaux, les programmes scolaires et les organisations de jeunes militants. Le centre recueille des expériences cliniques, des témoignages de personnes ayant interrompu leur transition et de la littérature scientifique afin de documenter ce phénomène.

Eliacheff et Masson introduisent le concept d’ASP (Angoisse de la sexuation pubertaire) : une angoisse liée à la puberté et à la sexualisation du corps. Ils affirment que de nombreux jeunes qui s’identifient comme transgenres sont en réalité aux prises avec les changements physiques liés à la puberté, avec leur orientation sexuelle, avec un traumatisme ou avec des mécanismes dissociatifs — des problèmes que la transition médicale ne résout pas, mais fige.

Publications

  • La Fabrique de l'enfant transgenre (2022) — Eliacheff et Masson expliquent comment les écoles, les médias et les professionnels de santé « fabriquent » ensemble l'enfant trans

  • Le sermon d'Hippocrate — sur le serment d'Hippocrate et sa violation par le modèle affirmatif

  • Le manifeste collectif publié dans L'Express (2021) contre l'assouplissement des limites d'âge dans les soins liés au genre

  • Contributions à des revues internationales et à des organisations partenaires en Belgique, en Suisse et en Italie

Influence sur le rapport du Sénat français (2024)

L’Observatoire a conseillé la commission sénatoriale qui a rédigé en 2024 le rapport intitulé « La transidentification des mineurs ». Ce rapport, sous la direction de la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio, a conclu que la médicalisation des mineurs en France n’était pas scientifiquement justifiée et a formulé des recommandations de grande envergure : un moratoire sur les inhibiteurs de la puberté et les traitements hormonaux transgenres chez les moins de dix-huit ans, l’interdiction des mastectomies chez les mineurs, et le renforcement de l’accompagnement psychologique.

Le projet de loi correspondant a été adopté par le Sénat en 2024. La France s’inscrit ainsi dans la lignée de la Suède, de la Finlande, de la Norvège, du Danemark et de l’Angleterre. L’Observatoire organise des congrès annuels et met en place un réseau européen de cliniciens, de parents et de scientifiques qui rejettent le modèle affirmatif.