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Internationale kritiek op het Dutch Protocol — NTVG (2025)

Un article publié dans le NTVG (2025) par Jilles Smids, spécialiste en éthique (Erasmus MC), soutient que le rapport Cass justifie une révision de la législation néerlandaise.

Dans cet article publié dans le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde (NTVG, 2025), l'éthicien Jilles Smids (Erasmus MC) affirme que les Pays-Bas doivent revoir leur protocole relatif à la dysphorie de genre chez les mineurs. Cet article s'inscrit dans le contexte de la « Cass Review » britannique et des changements de cap intervenus en Angleterre, en Suède, en Finlande, au Danemark et en Australie. Smids exprime ainsi une critique qui, au sein du secteur néerlandais des soins de santé, est longtemps restée marginale, mais qui est désormais devenue courante à l'étranger.

Les trois arguments principaux

Smids avance trois points essentiels. Premièrement, les fondements scientifiques attestant des effets positifs des inhibiteurs de la puberté et des hormones du sexe opposé chez les mineurs sont insuffisants. Les revues systématiques menées à l’échelle internationale ne fournissent que des preuves de faible certitude concernant le bien-être psychologique à long terme, tandis que les risques, notamment les conséquences irréversibles sur la fertilité et la fonction sexuelle, sont mieux documentés.

Deuxièmement, la population de patients a considérablement évolué. Le protocole néerlandais initial a été élaboré dans les années 1990 pour un petit groupe, principalement composé d’enfants nés de sexe masculin présentant une dysphorie de genre précoce. Le groupe actuel se compose majoritairement d’adolescentes présentant une dysphorie de genre d’apparition tardive, souvent associée à des comorbidités psychiatriques, à l’autisme, à des troubles alimentaires ou à des traumatismes. Les données issues de la cohorte d’origine ne peuvent pas être extrapolées sans réserve aux cas actuels.

Troisièmement, un diagnostic de dysphorie de genre à l’adolescence n’a qu’une valeur prédictive limitée quant à l’issue à l’âge adulte. Le développement de l’identité à cette étape de la vie est fluide ; des études antérieures ont montré que la majorité des enfants atteints de dysphorie de genre parviennent, sans intervention médicale, à une image de soi congruente, souvent associée à une orientation homosexuelle.

Le rôle de la Cass Review

La « Cass Review » (2024), réalisée par la pédiatre Hilary Cass à la demande du NHS, a analysé plus de 380 pages de données probantes et huit revues systématiques. Elle a conclu que l’utilisation systématique de bloqueurs de puberté et d’hormones chez les mineurs n’est pas suffisamment étayée et ne peut être considérée comme une prise en charge standard. L’Angleterre a désormais interdit l’utilisation des bloqueurs de puberté en dehors d’un cadre d’étude pour cette indication.

Implications pour les Pays-Bas

M. Smids plaide en faveur d’une directive provisoire qui privilégie les interventions psychologiques comme première étape, afin de permettre une exploration approfondie du développement de l’identité et de la comorbidité, et qui ne recoure au traitement médical qu’en dernier recours. Cela va à l’encontre de la pratique actuelle, dans laquelle l’équipe « Gender » d’Amsterdam et les cliniques affiliées continuent de rendre les inhibiteurs de la puberté librement accessibles aux adolescents qui répondent aux critères de sélection.

Pour la politique de santé néerlandaise, le message est clair : le consensus international qui sous-tendait le « Dutch Protocol » n’existe plus. Quiconque, en tant que praticien ou décideur politique, continue de privilégier la médicalisation comme voie principale, en porte explicitement la charge de la preuve.